mar 28 2008

De toutes les couleurs

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« C’est extraordinaire ! », c’est par ces mots que s’ouvre le film de Nazareth Agopian « 3 cafés s’il vous plait » *, la voix pleine de sourire de Marie-Jo Gonzales, sur une image d’une baie des anges dorée par un soleil matinal. C’est aussi une explosion de couleurs qui jaillit de la bande annonce et de l’affiche 2008 d’Un festival c’est trop court. Beau fixe, ciel azur, mère d’huile, c’est comme si l’arrivée du Printemps, calmait les esprits et dissimulait la colère, rouge. Résultat de quatre mois de résistance et d’incertitude à l’échelon local, d’une tourmente nationale qui menace tous les acteurs culturels français. Baisse des crédits, conventions amputées, silence des représentants institutionnels : voilà comment nous préparons la 8ème édition du festival du court métrage de Nice. Réformes et remaniements s’orientent vers une approche marchande de la culture, où rentabilité et impact économique sonnent comme les seuls objectifs à atteindre. Et la diversité culturelle, c’est un trou noir ?
Le 28 janvier dernier, nous avions adressé une lettre aux quatre principaux candidats à la mairie de Nice pour les alerter et les interpeller :
« […] Le sort de nos activités et l’avenir de nos emplois en dépendent…
Alors, face à cette tempête, nous avons choisi de résister et de vous interpeller :
résister,
parce que nous croyons à ce que nous faisons,
parce que nous avons une intime conviction, un savoir à transmettre par-dessus tout
parce que nous nous sommes du côté du public et des auteurs
parce que, par notre action, nous créons de l’activité culturelle, sociale, économique
parce que nous privilégions l’oeuvre au produit, l’art à l’industrie.
vous interpeller,
parce que nous sommes en colère
parce que nous sommes un interlocuteur permanent des problématiques culturelles
parce que nous sommes des professionnels menacés dans l’exercice de leur fonction
parce que nous sommes concernés par le monde qui nous entoure,
la société dans laquelle nous vivons […]»
Aujourd’hui, l’actualité de notre manifestation relance le débat, tous les débats.
Nous, nous avons choisi de répondre avec énergie, générosité, et audace. L’audace à maintenir coûte que coûte notre festival, en respectant ses missions artistiques, avec la même exigence de programmation. Guidée par notre curiosité et notre envie de découverte, notre désir de spectateur nous oriente vers des oeuvres qui privilégient force du regard, liberté de ton et invention.
Une vague orange s’apprête à déferler sur Nice…Plus de 50 films et des sujets « Au fil de l’eau », « Dans la ville », « Comment peut-on être hollandais ? » qui, bien qu’abordant par un prisme à 6 faces, la cinématographie des Pays-Bas,
interrogent au-delà des frontières du pays invité dont ce panorama reflète la vigueur d’esprit et l’intense collaboration entre Nice, Paris et Amsterdam.
Au terme de cette synthèse additive où nous sommes passés par toutes les couleurs, nous ne sortons pas blanc comme neige.
Alors, pour conclure sans humour noir avec la couleur interdite au cinéma, imaginons notre avenir en vert, comme l’espoir.

*« 3 cafés, s’il vous plait » diffusé vendredi 4 avril au cinéma Rialto dans la cadre de la séance « Ateliers courts »

Laurent Trémeau
Directeur artistique

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