Archive for the 'Interview' Category

avr 10 2008

Cours de courts

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L’élève est passée maître. En 1988, Elsa Grégoire suivait des cours à l’ESRA, en 2008 elle y enseigne le scénario et les techniques narratives. 20 ans sont passés depuis sa vie d’étudiante, 20 années se sont écoulées depuis la création de l’ESRA. Deux anniversaires symboliques sont donc à fêter cette année. Pour l’occasion, l’école s’offre une projection. Une rétrospective des films de fin d’étude dont le coup d’envoi est donné par « Ce que serait l’attente de ce moment », le court métrage d’Elsa Grégoire, filmé il y a 18 ans en 16 millimètres. Regard d’une enseignante sur son travail de débutante. Zoom sur 20 ans de réalisations.

 

Quel est le thème de votre court métrage ?

C’est un questionnement sur le mariage et les traditions. Une manière d’exprimer le grand respect que je porte aux femmes de ma famille qui se sont succédées avant moi. Toutes très traditionnelles. Je me demandais si j’allais suivre leurs traces.

Vous avez écrit « Ce que serait l’attente de ce moment » en 1991. Vous étiez une adolescente. 20 ans plus tard votre regard sur le mariage a-t-il changé ?

Non, ma vision du mariage n’a pas changé. Quand j’ai commencé à écrire le scénario, j’avais rencontré quelqu’un. Je me demandais s’il était l’homme de ma vie. Est-ce que j’allais l’épouser? Finalement, nous nous sommes mariés, mais pas en robe blanche comme dans mon film.

Que ressentez vous en visionnant votre projet?

Je suis ravie ! Mais je me rends compte de mes erreurs. Si c’était à refaire aujourd’hui, je couperais beaucoup de choses au montage.

De 1991 à 2006, les courts métrages ont évolué. Quels sont les changements les plus significatifs ? Existe-t-il un effet de mode ?

Les sujets sont relativement différents. Les élèves sont plus préoccupés par leur vie d’adolescents aujourd’hui. Ils proposent rarement des visions d’avenir dans leurs réalisations. Ils ne se positionnent plus dans le futur. L’évolution technique est tout aussi significative. Les moyens ne sont pas les mêmes qu’il y 20 ans. Idem pour les acteurs. De nos jours, il y a un vrai travail de casting, mais également au niveau des décors. Le choix des accessoires est plus consciencieux. La véracité des lieux, la crédibilité du scénario sont mises en avant. Nous, nous pensions au scénario et à la mise en scène, le reste était secondaire.

Ose-t-on plus de choses dans les courts-métrages aujourd’hui ?

Oui. Je pense que c’est quelque chose de générationnel, le cinéma suit les tendances. Au 21e siècle, les jeunes ont l’habitude de voir dans les séries ou dans les films des scènes violentes, des scènes crues. Le cinéma est plus large et cela se retrouve dans les réalisations des étudiants. 9 films sur 10 sont effrayants. Il y a des cris, du sang. Ils se trucident. C’est la mouvance actuelle. Les jeunes proposent rarement des histoires gaies.

Les films sont également plus décalés.

Oui. Avant, nous écrivions une véritable histoire, une réflexion. Aujourd’hui, les films sont moins ancrés dans un récit construit, dans l’émotionnel. Les étudiants sont plus tactiles et moins paisibles que nous l’étions. Mais c’est souvent très sympa.

Le court métrage vous a-t-il donné envie de passer au long métrage ?

J’étais très heureuse de réaliser ce film mais moi j’aimais écrire plus que mettre en scène. Je voulais être scénariste. Et aujourd’hui, j’ai le bonheur d’enseigner le scénario aux étudiants de l’ESRA.

Les films courts sont-ils généralement un passage vers le long métrage ?

Cela dépend des gens. Certains s’en servent comme tremplin. D’autres ne font que du court métrage. Au départ, il y a l’envie de raconter une histoire. Certaines peuvent l’être en 20 minutes, d’autres en une heure et demie. Le temps peut servir ou desservir. Un long métrage peut être plus vivant, plus attractif réalisé sur une plus courte durée. Ou vice-versa. Un court métrage mériterait parfois plus de 59 minutes. Il est vrai qu’en général l’envie de faire un long métrage naît en premier. C’est le format le plus connu. Mais quand il faut passer à la réalisation, c’est bel et bien le format court qui est privilégié au début. Plus facile, plus abordable. C’est un premier pas et, ensuite, certains y prennent goût.

C.S. 

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avr 08 2008

Alice Houri, tout simplement

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Elle aurait pu être prise dans le tourbillon de la popularité. Celui qui fait gonfler la tête et les chevilles de beaucoup de jeunes actrices à l’envolée fracassante. Et pourtant. Découverte dans Nénette et Boni de Claire Denis, Alice Houri a tourné dans plusieurs films à succès : La Faim et Louise (take 2) de Siegfried, le Pornographe de Bertrand Bonello ou encore Trouble Every Day de Claire Denis une fois de plus. Des productions souvent récompensées. Récemment, on l’a remarquée sous les larmes et le nom de Julia dans La Graine et le Mulet d’Abdellatif Kechiche, César du meilleur film 2008.  Malgré ce bagage étonnant rempli de formes courtes et longues depuis son plus jeune âge, la comédienne a su rester sobre. Discrète et impliquée. En tant que comédienne, elle connaît la galère. Les difficultés rencontrées lors du tournage d’un film. La bataille incessante des courts métrages en quête de reconnaissance et de subventions. C’est donc avec plaisir qu’elle a accepté d’apporter au jury de cette 8ème édition du festival sa petite touche personnelle. Son expérience et ses commentaires cinématographiques simplissimes griffonnés sur un bout de papier pendant la projection. C’est avec son regard de professionnel qu’elle y assiste. Avec son ressenti qu’elle critique.

N.P.

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avr 06 2008

Yamana : Une quête de 6 mois en Patagonie

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Fabrice Marquat, président du jury du Festival, a présenté vendredi son dernier film, Yamana. Lumière sur les raisons qui poussent les hommes aux bras de l’aventure, à travers un ailleurs toujours plus prometteur. La quête se déroulera durant 6 mois à travers les terres de Patagonie, avec pour seules attaches, une moto, et une caméra à la main.
Retour sur des prises de vues magnifiques et sur des rencontres clefs : entre des villageois atypiques et des voyageurs au long cours, Fabrice Marquat dévoile les dessous d’un voyage où la nature de l’Amérique du Sud fait la part belle à la nature de l’homme.

Comment avez-vous rencontré les personnages de votre documentaire ?
Seul Georges, le chercheur d’or, était prévu. Je savais que je pourrais le rencontrer car il avait été interviewé dans un livre et je savais où je pouvais le trouver. Au départ, il ne semblait pas cadrer beaucoup avec ma thématique, car malgré ses racines allemandes, il est toujours resté fixé là-bas. Mais finalement, c’est devenu un personnage incontournable. Il a une telle philosophie de vie alors qu’il na jamais voyagé…

La sélection des séquences a-t-elle été difficile ?
Je suis parti de 25 à 30 heures de rush, ce qui est peu pour un documentaire, tourné en 6 mois. De 12 personnages rencontrés, j’en au conservé 8. Quand mes parents m’ont rejoint, j’ai tenté de faire une entrevue avec eux, mais ça n’a pas marché. Je ne suis pas arrivé à leur faire dire ce que je voulais. Mais ils restent tout de même très présents dans mon film, même si ce n’est pas par la parole.

Comment avez-vous créé le contact avec les habitants ?
Dans le village, l’ambiance était vraiment incroyable. Un personnage que j’ai rencontré là-bas était intéressant, mais par manque de place, il m’a fallu le couper. Je passais toujours beaucoup de temps avec chacun d’eux avant d’emmener ma caméra. Je ne voulais pas arriver en plein milieu comme un voleur d’images. Certains, même après trois jours, refusaient la caméra. Cela fait partie des frustrations en jeu, mais je n’ai pas de regrets. C’est juste que tout sera resté seulement pour moi, en off.

Que recherchiez-vous à travers ce documentaire ?
C’était mon premier film avec une société de production, même si les moyens mis en œuvre n’étaient pas très importants. Il se posait la question de la forme et de la manière de raconter une histoire. Je voulais quelque chose d’assez intimiste. Je me posais des questions depuis longtemps, sans obtenir de réponses : pourquoi ai-je besoin de voyager, et d’être seul ? Mes personnages apportent, quelque part, une réponse à mes interrogations et montrent qu’une telle vie est possible. Mon film, c’est un peu cette quête de sens.

Comment avez-vous vécu l’isolement ?
J’ai toujours beaucoup voyagé, mais jamais vraiment dans ces conditions. La solitude et l’isolement que je recherchais, m’ont beaucoup apporté. Dans ce cadre-là, on ressent beaucoup de choses, comme sur cette route rectiligne où j’ai roulé seul pendant plusieurs jours.     A ce moment-là, on devient presque en transe, sans avoir rien fumé ni rien bu. On se sent libre. C’est une sensation de liberté difficile à ressentir ailleurs. Mais il existe toujours un moment de solitude qui puisse faire peur, puisque l’on vit toutes les sensations à 200 %. On est, soit très heureux, ce qui jouissif, soit très trouillard, ce qui peut devenir flippant. Il y a toujours cette ambivalence. Même le marin très expérimenté que j’ai rencontré est arrivé à se faire peur certains jours avec les vents du Cap Horn. On en arrive à une certaine notion de courage. Qu’est-ce que l’on peut supporter et jusqu’à quel point ? Les gens sont toujours dans l’ambivalence, entre le besoin de partir et celui de rester. La recherche de la solitude se paie par moments.

Dans quelles conditions vos prises de vues se sont-elles déroulées ?
J’ai utilisé une petite caméra Sony PD 150 de nouvelle génération. Comme je ne suis pas cadreur de formation, je ne voulais pas partir avec une caméra que je ne saurais pas utiliser. Pour le son, c’était compliqué, car on avait toujours le vent qui tapait. Mais quand on réparait la moto, elle est retombée plusieurs fois. A certains moments, ça en devenait même épique entre la prise d’image, de son, la réparation et le vent! On a mis une demi-heure pour remettre une roue… Quand je pense que cela faisait 37 fois que Thomas crevait ! je me suis demandé comment il avait fait avant… Ce canadien, c’était un peu mon double, il était à moto aussi. On s’est simplement croisé, mais quand il est parti, c’est devenu la fin de mon film.

Comment avez-vous vécu le retour en Europe ?
Le retour a été très particulier. C’est exactement l’inverse de l’envie de partir. Quand on est ailleurs, on y pense plus trop. Au bout de 6 mois, on a l’effet bascule, on n’a plus envie de revenir. C’est très difficile. On est passé à autre chose, et on découvre que la vie, ce n’était pas forcément ce que l’on était en train de faire avant. On se pose beaucoup de questions, mais plus du tout les mêmes qu’avant.

Avez-vous eu des nouvelles de vos personnages ?
Je suis rentré en avril de l’année dernière. J’ai des nouvelles de tous sauf de Thomas de Vancouver, car on s’est mal compris. Il est partie en me demandant de lui envoyer un mail, mais je n’ai pas son adresse… J’ai fais des recherches sur le net, mais je n’ai rien trouvé. Mais Hubert, avec qui j’ai gardé contact, m’a dit qu’un de ses amis motard connaît bien Thomas, il va essayer de le retrouver. Mais en même temps, c’est le jeu. Même si je ne le revois pas, ça ne me dérange pas. Chacun continue sa route. Peut-être que je n’aurais jamais de nouvelles, mais c’est comme ça… En parler, ça fait déjà beaucoup de bien.

M.L. 

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avr 06 2008

Bos du cinéma, portrait d’Harry Bos

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Le septième art. Harry Bos tombe dedans alors qu’il est encore jeune. Il l’étudie en Hollande, son pays natal, à l’université dans une filière littéraire avec option cinéma et théâtre. Plaisir des yeux mais aussi des oreilles puisqu’il est également passionné de musique classique. Aujourd’hui, sa route croise celle du Festival du court métrage de Nice. Et pour cause. Il est responsable du secteur cinéma au sein de l’Institut néerlandais à Paris. « Il est important de projeter des films hollandais en France. » Sa participation au festival est donc toute naturelle : « les échos sur cette manifestation sont très favorables, le public est nombreux et enthousiaste. » Une volonté de mettre le travail de ses compatriotes sous le feu des projecteurs. Et le public de constater que le court métrage néerlandais n’est pas tout à fait semblable au court hexagonal : « Pendant très longtemps le cinéma des Pays-Bas était surtout documentaire, il y avait très peu de fiction. » C’est pourquoi Harry Bos tient à le promouvoir, pour le voir évoluer, tout en précisant qu’il ne souhaite pas faire de généralités. « Les œuvres sont toutes particulières. » D’ailleurs, parmi tous les courts métrages présentés lors des premières séances de compétition, Harry Bos a-t-il eu un coup de coeur ? « En tant que membre du jury, je ne peux rien dire à l’avance. »

V.R.

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avr 06 2008

Mélange de cultures, portrait d’Annette Scholz

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Dans la vie d’Annette Scholz, il y a du cinéma, des réalisations espagnoles et des courts-métrages. Trois thèmes qui se mélangent et se confrontent sans cesse. Étudiante, elle s’initie au « cinéma espagnol contemporain », et en fait le thème de son doctorat. De son Allemagne natale, elle s’exile en terres hispaniques, à la rencontre des lieux qui ont vu naître un réalisateur qu’elle adule : Pedro Almodóvar. C’est un lien puissant qui lie notre membre du jury au cinéma espagnol. Un attachement qu’elle ne cesse de consolider. Fondatrice du festival du cinéma espagnol, elle coopère ensuite avec le festival du film hispano-latino-américain à Hambourg. Aujourd’hui, elle travaille pour ALCINE, le festival de films courts le plus renommé d’Espagne. De passage à Nice, elle doit départager les courts métrages en compétition. Comment fait-elle son choix? Avec ses sens. « Il est important que le film me touche ». Pour cette adepte des festivals de films courts, ces rencontres sont primordiales. Les réalisateurs y trouvent une reconnaissance, les films un public. « Les courts métrages ne passent pas dans les cinémas en temps normal». Le festival semble ravir la jeune passionnée. « Je suis très contente des projections et je n’ai pas tout vu… » Mais si l’on demande à notre jury quel est son chouchou du jour : pas de réponse. Sujet top secret.

C.S.

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avr 05 2008

Drôle de Maryline

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Les courts métrages, elle connaît. Les prix aussi. Pour sa première réalisation, Nouilles, en 1987, elle remporte le Grand prix du festival de Brest. Dès lors, quoi de plus naturel pour Maryline Canto que de figurer parmi les cinq membres du jury du Festival. D’autant qu’en plus de savoir ce qui se passe derrière une caméra, elle est connaît aussi ce qui se passe devant. La jeune femme née en 1963, baigne depuis longtemps dans le monde du cinéma. Diplômée en 1990 du Théâtre national de Strasbourg, elle a à cette époque déjà fait face à la camera. Certains se rappellent peut-être de son rôle dans la série à succès Pause Café. Surtout, elle rencontre ses plus beaux personnages aux côtés de Dominique Cabrera qui réalise notamment Le lait de la tendresse maternelle en 2001. Fantaisiste, Maryline Canto se plaît tout spécialement dans les comédies farfelues. Bien que peu connue des non initiés, elle a tourné sous la houlette des plus grands : Claude Chabrol lui offre un rôle dans l’Ivresse du pouvoir, en 2005. La même année, elle reçoit le César du meilleur court métrage pour son second film Fais de beaux rêves, déjà primé à Clermont-Ferrand. En plus de la réalisation, Maryline Canto y interprète le rôle principal. Dernièrement, on l’a vue dans Vous êtes de la police ? de Romuald Beugnon aux côtés, entre autre, de feu Jean-Claude Brialy.

V.R.

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avr 04 2008

Vincent Jourdan, Président de l’Association Regard Indépendant.

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« Avec une chaîne de télé locale, ce serait différent »

A l’occasion de la séance Courts d’ici, regroupant tous les films produits en région PACA, Vincent Jourdan, président de l’association Regard Indépendant, revient sur l’essentiel de la manifestation et nous livre son sentiment sur l’avenir du court-métrage à Nice.

Comment s’est déroulée la sélection des films projetés dans cette 8e édition ?
« Cette année, nous avons sélectionné de nombreux auteurs débutants et acteurs inconnus. Mais comme il est difficile de travailler exclusivement là-dessus, nous avons également choisi des réalisateurs un peu plus connus pour alterner les programmes courts. Sur la 50 aine de films proposés, environ la moitié était digne d’être montrée. Nous avons essayé de donner une vision des choses différente, avec des films un peu plus atypiques que les autres. Dans l’ensemble, la production est très encourageante, il existe toujours beaucoup d’imagination chez les nouveaux réalisateurs. Sébastien Antoine est, entre autres, un auteur que l’on suit, et qui s’améliore de films en films. C’est toujours un plaisir de montrer ses courts. »
La région PACA est-elle dynamique en termes de production ?
« Dans la région PACA, il n’existe officiellement plus aucun producteur mais encore beaucoup d’auteurs, qui très souvent, s’autoproduisent. C’est dommage que l’on n’ait si peu de moyens de production à leur disposition. Ce serait différent si nous avions une chaîne de TV locale, à l’image de certaines grandes villes. Cela offrirait d’autres possibilités de développement. »
La question des subventions est à l’ordre du jour. La situation est-elle devenue critique ?
« En ce moment, l’État est en train de redéfinir et de faire des coupes dans les subventions. Les festivals comme celui d’Héliotrope sont directement touchés par cette diminution des fonds de la DRAC qui revient, en gros, à couper le robinet momentanément. Mais tout est relatif car les associations sont toujours obligées de fonctionner en flux tendus tout en ayant l’envie d’en montrer toujours plus et mieux… Pour certaines associations, comme Regard Indépendant, la participation de l’État n’étant pas très élevée voire nulle, ils sont donc moins touchés actuellement.
Peut-on craindre pour l’avenir de nos festivals ?
« Cette année, la situation était un peu particulière car la mairie de Nice a gelé momentanément ses subventions pour cause d’élections, mais cela n’engage pas encore réellement pour l’avenir. Mais il est certain que les festivals sont très importants et jouent un rôle de « recherche-développement » crucial dans le cinéma. S’ils disparaissent, certains réalisateurs inconnus ne passeront plus nulle part. »
M.L.

LA PHRASE DU JOUR
« Les festivals sont très importants et jouent un rôle de « recherche-développement » dans le cinéma. S’ils disparaissent, certains réalisateurs inconnus ne passeront plus nulle part. » Vincent Jourdan, Président de l’association Regards Indépendants

M.L. 

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avr 04 2008

Un « Boxing club » ovationné

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Interview des réalisateurs Simone Simon et Éric Antolinos pour leur documentaire, « Boxing Club ».

Lors de la séance, mercredi 2 avril à 20h30, ils ont été longuement ovationnés pour leur travail… et leur talent. Simone Simon et Éric Antolinos ont fait le pari de restituer le quotidien d’une salle de sport du quartier de l’Ariane, où Sammy, un ancien boxeur, apprend aux populations à vivre ensemble sur un socle commun : le sport. Un documentaire sur la détermination et le courage qui guide les vies de ces hommes et femmes qui tentent juste de créer leur propre place, d’occuper l’espace, au cœur des quartiers nords de la ville.

Quel message avez-vous voulu faire passer à travers Boxing Club ?
S.S. : « Le but de notre court-métrage était de montrer au public que dans les quartiers défavorisés, il existe des gens qui ont plus de cœur qu’ailleurs. »
E.A. : « La plupart des garçons viennent chercher l’image du père dans cette salle. Ils y trouvent aussi un chez eux, une sécurité, même si en dehors, ils ne mangent certainement pas tous à leur faim. »
S.S. : « Finalement, il y a beaucoup à dire, peut être n’en a-t-on même pas assez dit… »

Comment les gens ont-ils vécu l’intrusion de la caméra dans leur quotidien ?
S.S. : « Ce sont des acteurs qui n’en étaient pas vraiment. Au début, c’est sur que les gens n’étaient pas très chauds pour qu’une caméra les suive à leur entraînement, c’est normal. Le tournage nous a pris une quinzaine de jours, avec une petite équipe de 2 ou 3 personnes maximum. Comme nous n’avions pas d’éclairage, pas de maquillage et pas de perche, il était plus facile pour tous d’être naturel. Nous ne les avons jamais dirigé et ils ont tous mis de la bonne volonté. Je dirais que c’est même propre aux gens du quartier de rester naturels à l’écran.»
E.A. : « Ils n’aiment pas trop la caméra car ils ne savent pas exactement ce que vous allez faire des images. En ce sens, ils ont une attitude très saine avec la caméra car elle ne devrait pas être là. Ils n’aiment pas vraiment qu’on filme leur balcon… mais nous non plus.»

Après plusieurs mois passés sur le terrain, que répondez-vous à ceux qui voient l’Ariane comme un quartier chaud ?
S.S. : « À l’Ariane, ça n’est pas forcément plus chaud que sur l’avenue Jean Médecin ! Hier soir, un type m’a traitée de connasse ici. Alors je lui ai simplement mis un coup de pied au cul… C’est pourtant quelque chose qui ne m’était jamais arrivé à l’Ariane. Là-bas, dès le deuxième jour, les gens vous serrent la main, il existe une vraie communication. Je m’y sentais même plus chez moi qu’à Cagnes sur Mer, où j’ai déménagé il y a quelques années. »

Pourquoi avez-vous choisi de vous focaliser sur des scènes d’entraînement, sans jamais montrer de compétitions ?
E.A. : « Ce qui nous intéressait, c’était la boxe, sans forcément montrer tout ce qu’il y a autour. On voulait filmer quelque chose de plus intérieur, pas seulement un décor. Ces gens-là sont en plein dedans, ils bossent et pratiquent leur sport… Ici c’est le corps qui parle, et c’est ça l’essentiel. »

Au cours du montage, vous est-il arrivé de devoir changer vos plans, en fonction de ce qui vous a été donné à voir ?
E.A. : « Dans ce court-métrage, on s’est donné plutôt des limites, et pas vraiment de véritable but. Nous n’étions pas arrêtés sur une durée. Le travail de montage a été important puisqu’on est parti de 6 h de rush pour terminer avec 12 minutes. La première version faisait 27 minutes. Mais on ne pouvait pas se permettre d’être plus longs, car il n’y avait pas de compétition ni de suspense, cela ne nous intéressait pas. On voulait se focaliser sur un entraînement sans but précis : être juste sur le ring, sans forcément être là pour gagner. »
M.L.

Notes : Simone Simon et Éric Antolinos ambitionnent de projeter prochainement leur court-métrage dans la salle Lino Ventura de l’Ariane pour les habitants du quartier.

M.L. 

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avr 04 2008

Dominique Estrosi soutient « Boxing Club »

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3 questions à … Dominique Estrosi, adjointe au logement, à la cohésion sociale et à la lutte contre les discriminations.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de venir assister à cette séance ce soir ?

« Je suis venue pour soutenir le film « Boxing Club », puisque j’ai suivi ce projet de quartier et que je connais bien Sammy, le personnage du documentaire. Mais aussi pour découvrir, je ne connais pas trop le domaine du court-métrage…”

Que pensez-vous des « Courts d’ici » projetés ce soir ?

« Ce festival est pour moi une découverte puisque je n’avais jamais assisté à cette manifestation, pourtant la 8e du nom. Je suis agréablement surprise de la diversité et de la qualité de la programmation. Je ne m’attendais pas à autant de diversité puisque je n’avais pas eu l’occasion de regarder des courts-métrages, à part en avant-première de films. Je me sens spontanément plus attirée vers les courts-métrages plutôt documentaires… »

Selon vous, ce festival est-il important pour une ville comme Nice ?

« Je crois que ce Festival a tout à fait sa place à Nice, il fait partie d’un panel qui démontre tout ce qui peut se faire au niveau de la culture. Je crois qu’il existe un réel public pour cela. Il faut poursuivre les efforts pour que ce genre de festival puisse continuer à grandir et s’adresser à un public encore plus large, qui dépasse les simples initiés. Il n’existe encore certainement pas assez de manifestations de ce type à Nice. »

M.L.

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avr 03 2008

ZOOM : Adriaan Lokman

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Pourquoi avez-vous choisi le format du court métrage?

Les sujets sont très différents des longs métrages. Après 10 minutes, ils pourraient perdre de l’intérêt voire devenir ennuyeux. On cherche à restituer une ambiance, les acteurs sont plutôt iconiques. Il est presque impossible de réaliser un film à cheval entre les deux formats. Je rêve de faire un jour un long métrage.

Avez-vous des thèmes de prédilection?

J’ai une fascination visuelle pour toutes les choses autour de moi, mais je ne m’intéresse pas vraiment à la question humaine. Il existe déjà trop de films là-dessus. L’intérêt selon moi, c’est de zoomer sur des sujets qui ne sont pas visibles aux yeux de tous. Dans les films abstraits, il est important de tisser le lien narratif, notamment grâce à la musique. Plus que les morceaux, je choisis surtout des compositeurs. La musique et la réalisation se composent en même temps. Comme je travaille seul devant mon ordinateur, ça me laisse une très grande fierté.

Comment ressentez-vous l’accueil du public français?

Il existe, en France, un meilleur climat pour la diffusion des courts métrages qu’aux Pays-Bas. Les français sont plus intéressés par les formes culturelles plus complexes à traiter. D’ailleurs, mes films ne sont pas toujours faciles d’accès à tous. Il faut faire une sorte d’effort pour apprécier le film.

M.L.

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