avr 10 2008
Cours de courts
L’élève est passée maître. En 1988, Elsa Grégoire suivait des cours à l’ESRA, en 2008 elle y enseigne le scénario et les techniques narratives. 20 ans sont passés depuis sa vie d’étudiante, 20 années se sont écoulées depuis la création de l’ESRA. Deux anniversaires symboliques sont donc à fêter cette année. Pour l’occasion, l’école s’offre une projection. Une rétrospective des films de fin d’étude dont le coup d’envoi est donné par « Ce que serait l’attente de ce moment », le court métrage d’Elsa Grégoire, filmé il y a 18 ans en 16 millimètres. Regard d’une enseignante sur son travail de débutante. Zoom sur 20 ans de réalisations.
Quel est le thème de votre court métrage ?
C’est un questionnement sur le mariage et les traditions. Une manière d’exprimer le grand respect que je porte aux femmes de ma famille qui se sont succédées avant moi. Toutes très traditionnelles. Je me demandais si j’allais suivre leurs traces.
Vous avez écrit « Ce que serait l’attente de ce moment » en 1991. Vous étiez une adolescente. 20 ans plus tard votre regard sur le mariage a-t-il changé ?
Non, ma vision du mariage n’a pas changé. Quand j’ai commencé à écrire le scénario, j’avais rencontré quelqu’un. Je me demandais s’il était l’homme de ma vie. Est-ce que j’allais l’épouser? Finalement, nous nous sommes mariés, mais pas en robe blanche comme dans mon film.
Que ressentez vous en visionnant votre projet?
Je suis ravie ! Mais je me rends compte de mes erreurs. Si c’était à refaire aujourd’hui, je couperais beaucoup de choses au montage.
De 1991 à 2006, les courts métrages ont évolué. Quels sont les changements les plus significatifs ? Existe-t-il un effet de mode ?
Les sujets sont relativement différents. Les élèves sont plus préoccupés par leur vie d’adolescents aujourd’hui. Ils proposent rarement des visions d’avenir dans leurs réalisations. Ils ne se positionnent plus dans le futur. L’évolution technique est tout aussi significative. Les moyens ne sont pas les mêmes qu’il y 20 ans. Idem pour les acteurs. De nos jours, il y a un vrai travail de casting, mais également au niveau des décors. Le choix des accessoires est plus consciencieux. La véracité des lieux, la crédibilité du scénario sont mises en avant. Nous, nous pensions au scénario et à la mise en scène, le reste était secondaire.
Ose-t-on plus de choses dans les courts-métrages aujourd’hui ?
Oui. Je pense que c’est quelque chose de générationnel, le cinéma suit les tendances. Au 21e siècle, les jeunes ont l’habitude de voir dans les séries ou dans les films des scènes violentes, des scènes crues. Le cinéma est plus large et cela se retrouve dans les réalisations des étudiants. 9 films sur 10 sont effrayants. Il y a des cris, du sang. Ils se trucident. C’est la mouvance actuelle. Les jeunes proposent rarement des histoires gaies.
Les films sont également plus décalés.
Oui. Avant, nous écrivions une véritable histoire, une réflexion. Aujourd’hui, les films sont moins ancrés dans un récit construit, dans l’émotionnel. Les étudiants sont plus tactiles et moins paisibles que nous l’étions. Mais c’est souvent très sympa.
Le court métrage vous a-t-il donné envie de passer au long métrage ?
J’étais très heureuse de réaliser ce film mais moi j’aimais écrire plus que mettre en scène. Je voulais être scénariste. Et aujourd’hui, j’ai le bonheur d’enseigner le scénario aux étudiants de l’ESRA.
Les films courts sont-ils généralement un passage vers le long métrage ?
Cela dépend des gens. Certains s’en servent comme tremplin. D’autres ne font que du court métrage. Au départ, il y a l’envie de raconter une histoire. Certaines peuvent l’être en 20 minutes, d’autres en une heure et demie. Le temps peut servir ou desservir. Un long métrage peut être plus vivant, plus attractif réalisé sur une plus courte durée. Ou vice-versa. Un court métrage mériterait parfois plus de 59 minutes. Il est vrai qu’en général l’envie de faire un long métrage naît en premier. C’est le format le plus connu. Mais quand il faut passer à la réalisation, c’est bel et bien le format court qui est privilégié au début. Plus facile, plus abordable. C’est un premier pas et, ensuite, certains y prennent goût.
C.S.
Elle aurait pu être prise dans le tourbillon de la popularité. Celui qui fait gonfler la tête et les chevilles de beaucoup de jeunes actrices à l’envolée fracassante. Et pourtant. Découverte dans Nénette et Boni de Claire Denis, Alice Houri a tourné dans plusieurs films à succès : La Faim et Louise (take 2) de Siegfried, le Pornographe de Bertrand Bonello ou encore Trouble Every Day de Claire Denis une fois de plus. Des productions souvent récompensées. Récemment, on l’a remarquée sous les larmes et le nom de Julia dans La Graine et le Mulet d’Abdellatif Kechiche, César du meilleur film 2008. Malgré ce bagage étonnant rempli de formes courtes et longues depuis son plus jeune âge, la comédienne a su rester sobre. Discrète et impliquée. En tant que comédienne, elle connaît la galère. Les difficultés rencontrées lors du tournage d’un film. La bataille incessante des courts métrages en quête de reconnaissance et de subventions. C’est donc avec plaisir qu’elle a accepté d’apporter au jury de cette 8ème édition du festival sa petite touche personnelle. Son expérience et ses commentaires cinématographiques simplissimes griffonnés sur un bout de papier pendant la projection. C’est avec son regard de professionnel qu’elle y assiste. Avec son ressenti qu’elle critique.
Le septième art. Harry Bos tombe dedans alors qu’il est encore jeune. Il l’étudie en Hollande, son pays natal, à l’université dans une filière littéraire avec option cinéma et théâtre. Plaisir des yeux mais aussi des oreilles puisqu’il est également passionné de musique classique. Aujourd’hui, sa route croise celle du Festival du court métrage de Nice. Et pour cause. Il est responsable du secteur cinéma au sein de l’Institut néerlandais à Paris. « Il est important de projeter des films hollandais en France. » Sa participation au festival est donc toute naturelle : « les échos sur cette manifestation sont très favorables, le public est nombreux et enthousiaste. » Une volonté de mettre le travail de ses compatriotes sous le feu des projecteurs. Et le public de constater que le court métrage néerlandais n’est pas tout à fait semblable au court hexagonal : « Pendant très longtemps le cinéma des Pays-Bas était surtout documentaire, il y avait très peu de fiction. » C’est pourquoi Harry Bos tient à le promouvoir, pour le voir évoluer, tout en précisant qu’il ne souhaite pas faire de généralités. « Les œuvres sont toutes particulières. » D’ailleurs, parmi tous les courts métrages présentés lors des premières séances de compétition, Harry Bos a-t-il eu un coup de coeur ? « En tant que membre du jury, je ne peux rien dire à l’avance. »
Dans la vie d’Annette Scholz, il y a du cinéma, des réalisations espagnoles et des courts-métrages. Trois thèmes qui se mélangent et se confrontent sans cesse. Étudiante, elle s’initie au « cinéma espagnol contemporain », et en fait le thème de son doctorat. De son Allemagne natale, elle s’exile en terres hispaniques, à la rencontre des lieux qui ont vu naître un réalisateur qu’elle adule : Pedro Almodóvar. C’est un lien puissant qui lie notre membre du jury au cinéma espagnol. Un attachement qu’elle ne cesse de consolider. Fondatrice du festival du cinéma espagnol, elle coopère ensuite avec le festival du film hispano-latino-américain à Hambourg. Aujourd’hui, elle travaille pour ALCINE, le festival de films courts le plus renommé d’Espagne. De passage à Nice, elle doit départager les courts métrages en compétition. Comment fait-elle son choix? Avec ses sens. « Il est important que le film me touche ». Pour cette adepte des festivals de films courts, ces rencontres sont primordiales. Les réalisateurs y trouvent une reconnaissance, les films un public. « Les courts métrages ne passent pas dans les cinémas en temps normal». Le festival semble ravir la jeune passionnée. « Je suis très contente des projections et je n’ai pas tout vu… » Mais si l’on demande à notre jury quel est son chouchou du jour : pas de réponse. Sujet top secret.
« Avec une chaîne de télé locale, ce serait différent »
Interview des réalisateurs Simone Simon et Éric Antolinos pour leur documentaire, « Boxing Club ».
Pourquoi avez-vous choisi le format du court métrage?


