avr 04 2008

Un « Boxing club » ovationné

Published by admin at 13:21 under Interview

Interview des réalisateurs Simone Simon et Éric Antolinos pour leur documentaire, « Boxing Club ».

Lors de la séance, mercredi 2 avril à 20h30, ils ont été longuement ovationnés pour leur travail… et leur talent. Simone Simon et Éric Antolinos ont fait le pari de restituer le quotidien d’une salle de sport du quartier de l’Ariane, où Sammy, un ancien boxeur, apprend aux populations à vivre ensemble sur un socle commun : le sport. Un documentaire sur la détermination et le courage qui guide les vies de ces hommes et femmes qui tentent juste de créer leur propre place, d’occuper l’espace, au cœur des quartiers nords de la ville.

Quel message avez-vous voulu faire passer à travers Boxing Club ?
S.S. : « Le but de notre court-métrage était de montrer au public que dans les quartiers défavorisés, il existe des gens qui ont plus de cœur qu’ailleurs. »
E.A. : « La plupart des garçons viennent chercher l’image du père dans cette salle. Ils y trouvent aussi un chez eux, une sécurité, même si en dehors, ils ne mangent certainement pas tous à leur faim. »
S.S. : « Finalement, il y a beaucoup à dire, peut être n’en a-t-on même pas assez dit… »

Comment les gens ont-ils vécu l’intrusion de la caméra dans leur quotidien ?
S.S. : « Ce sont des acteurs qui n’en étaient pas vraiment. Au début, c’est sur que les gens n’étaient pas très chauds pour qu’une caméra les suive à leur entraînement, c’est normal. Le tournage nous a pris une quinzaine de jours, avec une petite équipe de 2 ou 3 personnes maximum. Comme nous n’avions pas d’éclairage, pas de maquillage et pas de perche, il était plus facile pour tous d’être naturel. Nous ne les avons jamais dirigé et ils ont tous mis de la bonne volonté. Je dirais que c’est même propre aux gens du quartier de rester naturels à l’écran.»
E.A. : « Ils n’aiment pas trop la caméra car ils ne savent pas exactement ce que vous allez faire des images. En ce sens, ils ont une attitude très saine avec la caméra car elle ne devrait pas être là. Ils n’aiment pas vraiment qu’on filme leur balcon… mais nous non plus.»

Après plusieurs mois passés sur le terrain, que répondez-vous à ceux qui voient l’Ariane comme un quartier chaud ?
S.S. : « À l’Ariane, ça n’est pas forcément plus chaud que sur l’avenue Jean Médecin ! Hier soir, un type m’a traitée de connasse ici. Alors je lui ai simplement mis un coup de pied au cul… C’est pourtant quelque chose qui ne m’était jamais arrivé à l’Ariane. Là-bas, dès le deuxième jour, les gens vous serrent la main, il existe une vraie communication. Je m’y sentais même plus chez moi qu’à Cagnes sur Mer, où j’ai déménagé il y a quelques années. »

Pourquoi avez-vous choisi de vous focaliser sur des scènes d’entraînement, sans jamais montrer de compétitions ?
E.A. : « Ce qui nous intéressait, c’était la boxe, sans forcément montrer tout ce qu’il y a autour. On voulait filmer quelque chose de plus intérieur, pas seulement un décor. Ces gens-là sont en plein dedans, ils bossent et pratiquent leur sport… Ici c’est le corps qui parle, et c’est ça l’essentiel. »

Au cours du montage, vous est-il arrivé de devoir changer vos plans, en fonction de ce qui vous a été donné à voir ?
E.A. : « Dans ce court-métrage, on s’est donné plutôt des limites, et pas vraiment de véritable but. Nous n’étions pas arrêtés sur une durée. Le travail de montage a été important puisqu’on est parti de 6 h de rush pour terminer avec 12 minutes. La première version faisait 27 minutes. Mais on ne pouvait pas se permettre d’être plus longs, car il n’y avait pas de compétition ni de suspense, cela ne nous intéressait pas. On voulait se focaliser sur un entraînement sans but précis : être juste sur le ring, sans forcément être là pour gagner. »
M.L.

Notes : Simone Simon et Éric Antolinos ambitionnent de projeter prochainement leur court-métrage dans la salle Lino Ventura de l’Ariane pour les habitants du quartier.

M.L. 

One Response to “Un « Boxing club » ovationné”

  1. everetton 06 avr 2008 at 10:03

    J’ai eu l’occasion de voir ce film lors de la cérémonie de cloture et je vais peut être aller à contre-sens des idées de ce festival mais j’ai trouvé ce film sans fond, mal construit, peu intéressant, extrêmement mal monté… quel est l’intérêt de montrer des gens dont on ne connait rien, dont on ne nous dit rien, s’entraîner à boxer encore et encore. Quelle est la recherche, où est le fond ? vide, trop long, désespérant…

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