1er janvier
Thierry ESTEVES PINTO
France, 2008
Fiction
Film couleur, 35 mm, 3′ 50
1er janvier est un film qui dure le temps d’un fado interprété par Amalia Rodrigues. Un homme et son petit garçon mendient devant une bouche de métro parisienne un premier de l’an. Mauvais voyage pour ces immigrés venus du Portugal (la musique nous le laisse entendre) pour chercher fortune en France !
Doté pourtant d’un scénario, ce court-métrage ne raconte aucune histoire. Il donne simplement à voir. Et que voyons-nous donc ? Des passants ordinaires filmés du point de vue du mendiant inconfortablement installé avec son fils sur le trottoir glacé. Ordinaires, les passants, indifférents aussi pour la plupart, enfermés dans leur bulle et emmitouflés dans leurs vêtements de fête.
“Bonne année!” Voilà ce que répète aux passants l’homme qui tient son enfant endormi dans le creux de ses jambes. La camera s’attarde sur son visage blessé mais étrangement tranquille. Et ce visage n’en finit pas d’interrompre et de trouer le générique de fin, histoire de ne pas se faire oublier…
Nous avons trouvé l’acteur principal très émouvant et les gestes de tendresse qu’il a pour son enfant font chaud au cœur. Ce film nous permet de comprendre davantage les difficultés et la solitude des SDF. Nous espérons qu’il vous aura aussi touchés.
“…you will be a man , my son.” (Rudyard Kipling)
Tu seras un homme
Olivier DUJOLS
France, 2008
Fiction
Film couleur, 35 mm, 21′
Ce court-métrage, inspiré d’une histoire vraie, évoque à la fois les problèmes du travail et ceux des immigrés de la deuxième génération.
Yamina, directrice de société, investit tout son temps au bureau, exerçant une pression énorme sur ses collaborateurs et délaissant sa vie personnelle. Moussa, agent d’entretien dans la même entreprise, observe la jeune femme et admire sa réussite professionnelle.
Les personnages communiquent mal ou pas du tout. Au bureau, le bruit des machines (ordinateurs, imprimante, téléphone portable…) est amplifié et s’interpose entre la directrice et Pascal, son assistant. Le silence dans lequel vit le père de Yamina est assourdissant. Une musique africaine accompagne les déplacements de Moussa, traduisant en quelque sorte l’échec de son intégration redoublé par l’échec scolaire de ses enfants : il voudrait être ailleurs.
Moussa effondré dans son appartement, le père de Yamina, la tête plongée sous un capot de voiture, Pascal qui “craque” sur le parking, Yamina qui découvre la lettre de démission de ce dernier : quatre portraits simultanés insérés dans un travelling étonnant, quatre solitudes, quatre personnages au bout du rouleau.
C’est alors que Moussa accomplit une démarche inattendue et c’est en tant que père qu’il provoque une rencontre avec Yamina. “Ne pas laisser passer sa chance”, tel est le message qui va redonner du sens à la vie de chacun.
D’une certaine manière, ce film parle de nous. Nous sommes nombreux à nous reconnaître dans ces parcours, à connaître ce goût très particulier de l’exil. Que dire d’autre?
Orgesticulanismus
Mathieu LABAYE
Belgique, 2008
Documentaire et animation
Film couleur, 35 mm, 9’30.
Le film débute sur un sujet assez triste : le handicap moteur. Le spectateur voit se dérouler, grâce à un ensemble de photographies emplies de nostalgie, la vie d’un homme. Les derniers portraits le montrent sur un fauteuil roulant. Une voix off, probablement la sienne, commente les difficultés d’une vie privée de mouvements. C’est alors, et contre toute attente, que l’animation prend le relai. Le mouvement, empêtré, bloqué, et répétitif dans un premier temps, laisse place ensuite au mouvement rêvé qui s’inscrit sur la pellicule.
Orgesticulanismus est en fait un feu d’artifice de couleurs accompagné de rythmes frénétiques et surtout de lignes et de formes délirantes, jusqu’à l’abstraction. L’énergie de ce court-métrage est vraiment communicative et on en redemande.
Ce film présente encore l’originalité d’être à la fois un documentaire et un film d’animation. Mathieu Labaye, on le comprend à la fin de la projection, y rend hommage à son père, en nous adressant un message plein de vie.
Or-ges-ti-cu-la-nis-mus (respirez!) : formule magique ou mot-valise? Les deux peut-être. Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il s’agit d’une perle rare.
Murmures
Marine BILLET
France, 2008
Fiction
Film couleur, 35 mm, 21’.
Murmures est une fiction dont le thème est l’isolement carcéral. Un prisonnier tente, en dansant, de transformer la réalité qui l’entoure en attendant sa libération.
Il s’agit d’un court-métrage sans paroles doté cependant d’une bande sonore très travaillée : le robinet qui goutte, le grincement des portes, le claquement des judas, le tintement des clés, tous ces sons reflètent un univers inquiétant. Tour à tour amplifiés, gommés ou transformés, ils sont prétextes à de nouveaux rythmes et le corps du captif s’anime différemment au gré des séquences exprimant douleur, tristesse, amour, humour…
On le voit notamment danser amoureusement avec son traversin qui, l’espace d’un instant, reste immobile, flottant dans l’air comme si le temps s’était arrêté. Une autre fois, il utilise les rares accessoires du mur de sa cellule (étagères, patères et crochets) pour exécuter une incroyable performance verticale.
La réalisatrice Marine Billet, privilégie souvent le gros plan sur le visage très émouvant de son comédien. Mais la camera suit aussi le corps délié du danseur dans cet espace strictement limité par les murs de la cellule.
L’œuvre, réalisée dans une quasi pénombre, nous dévoile avec pudeur l’intimité du personnage en attente de la lumière. Mais une fois libéré, que deviendra ce corps insolite?
Parce qu’il associe l’esthétique de la danse contemporaine à une réflexion sur l’enfermement et sur la réinsertion des prisonniers, ce film nous a bouleversés.
WP Cumulus Flash tag cloud by Roy Tanck requires Flash Player 9 or better.
Contact presse, documents et visuels
Documents
